Pêche, Aquaculture et Ecosystèmes Marins

Le marché aux poissons heureux de Koror

palau1Lora, Alfred et 7 autres collègues se pressent de bon matin pour ne pas manquer l’arrivée des pêcheurs. L’équipe est au complet pour inventorier les loches, perroquets ou vivaneaux qui ont été ramenés du lagon cette nuit : on identifie les espèces, on les mesure avec hâte, car les acheteurs sont là, le Happy Fish Market est déjà en effervescence. Et ce ne sont pas quelques enquêteurs qui vont perturber la routine empressée des commerçants et des clients de cette infrastructure dont le nom peut se traduire sympathiquement par « le marché aux poissons heureux ».

 

Lora et Alfred évoluent au milieu des étals, avec dans leur esprit toutes les informations absorbées ces derniers jours lors de la formation sur les enquêtes auprès des pêcheurs et études de marché. Brad Moore, chargé de recherche sur les poissons côtiers au Secrétariat de la Communauté du Pacifique (CPS), a fait le déplacement de Nouvelle-Calédonie jusqu’à Palau et plus précisément jusqu’à Koror, la capitale. Il est là pour former le personnel du Bureau des Ressources Marines et leur enseigner notamment comment questionner les pêcheurs, identifier les espèces des différentes prises, mesurer et peser les poissons, déterminer leur sexe et leur âge.

« Nous collectons des informations et des échantillons pour établir les données de base des activités de pêche à Koror et ses environs. La récolte de données se fera ensuite en continu par les personnes formées, ce qui permettra au Bureau des Ressources Marines d’avoir une vision claire de l’évolution des activités de pêche côtière au niveau national. » explique Brad.

La disponibilité des ressources pour la pêche côtière a effectivement fortement évolué ces dernières décennies et il convient de suivre de près les tendances pour éviter la raréfaction des poissons ou la diminution de leur taille sur les étals du Happy Fish Market. L’augmentation de la population, la pollution du lagon par les activités humaines qui se développent, la détérioration de certains habitats sous-marins due aux changements climatiques : ces facteurs participent tous à une réduction du nombre de poissons disponibles pour l’alimentation des populations insulaires et cette tendance est avérée pour l’ensemble des pays du Pacifique.

 

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A Palau, l’établissement des données de base sur la pêche côtière représente un travail important aussi, Lora, Alfred et leurs collègues se concentrent dans un premier temps sur la pêche sous-marine et la pêche à la ligne. Ils sont aidés en cela par l’équipe compétente du Happy Fish Market : les catégories de poissons achetés par le marché, exportés et leur prix sont autant de données déjà enregistrées quotidiennement au marché.

« Pour ma part, je forme cette même équipe à renseigner les données récoltées dans la base de données nationale ainsi qu’à faire des extractions et à les analyser » dit Franck Magron, responsable à la CPS de l’information sur les ressources récifales. Ces analyses permettront à l’avenir au Bureau des Ressources Marines de suivre les prises et de proposer des mesures de gestion adaptées, pour que la pêche côtière de Palau fournisse durablement des revenus aux pêcheurs et de l’alimentation aux populations.

 

Légende des photos : 

Formation aux enquêtes auprès des pêcheurs, études de marché et échantillonnage à Koror, Palau, septembre 2014

(Crédit: Brad Moore, Copyright: Secrétariat Général de la Communauté du Pacifique)

Mise à jour le Mercredi, 07 Janvier 2015 09:30
 

 

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